Faire son toit végétalisé

En guise de « brouillon », et en attendant la grande maison autonome, j’ai réalisé un bout de toit végétalisé sur une petite dépendance.
Voici sa réalisation pas à pas.

Pourquoi faire un toit végétalisé ?

Le toit végétalisé a pour but:

  • de faire joli, d’intégrer la construction dans le paysage…
  • d’isoler, tant phoniquement que contre la chaleur ou le froid.

La réalisation

Il faut tenir compte du poids final de l’ouvrage. Sur ce petit bout de toit on peut considérer qu’il y a une tonne à supporter lorsque le substrat est mouillé.
Pour ce faire il faudra choisir avec soin un substrat le plus léger possible et résistant au compactage tout en retenant l’eau.et d’une épaisseur correcte ( 7 cm) qui permette malgré tout aux plantes, choisies avec soin pour ce genre de culture, de pousser. C’est quand même le but.
(voir aussi plus bas:) Ici mon substrat est constitué de tourbe brune, de sable (peu) de billes d’argile et de cassons de tuiles, saupoudrées d’un peu de terreau très décomposé. Le terrain n’a pas besoin d’être riche, au contraire, comme pour les rocailles, pour rester petites les plantes n’ont pas besoin d’engrais. J’ai ajouté un peu de pouzzolane (qui restait du remplissage du bac de la fosse septique).
Ce mélange a l’avantage de ne pas se compacter, de bien retenir l’eau et de ne pas sécher, c’est à dire former des croutes qui, après avoir emprisonné les racines des plantes les cassent en formant des crevasses (voir les tourbières, les argiles…).
Je n’ai jamais arrosé, juste laissé faire la nature avec les averses dont elle a bien voulu nous gratifier cet été 2017, entrecoupées de périodes de canicule sévères.

En fonction de la pente, il faudra réaliser des « terrasses » afin que le substrat ne glisse pas à la première pluie ou simplement avec le temps.

L’ensemble doit être étanche afin que l’ouvrage qui le reçoit ne pourrisse pas, surtout si c’est une habitation.
Il est judicieux de prévoir une évacuation de l’eau résiduelle.

Après ces quelques considérations, nous pouvons passer à la réalisation.

Pour supporter une tonne

une charpente qui pourra soutenir le poids du toit végétalisé

La construction pour cet essai sera une remise au dessus d’une réserve souple pour la récupération d’eau. Mais ça n’a aucune importance. Ce qu’il faut, c’est bien connaitre le poids que peut supporter la structure.
Ici, j’ai choisi des poteaux de 17 x 10 cm en pin de Douglas, un résineux parfait pour l’extérieur, qui a peu de retrait en vieillissant.
La poutre qui recevra les chevrons est de section 12 x 12 cm, plus par esthétisme. elle aurait avantageusement pu être de section rectangulaire, plus haute qu’épaisse.

Ensuite viendront s’appuyer dessus des chevrons,( ici de 6 x 8 cm )  en Douglas eux aussi, tous les 50 cm,
Une planche épaisse viendra les tenir côté mur, fixée au mur, ici en parpaings, à l’aide de tire-fonds.

 

tirefonds tête exagonaleles chevrons (vue de dessous)

Le panneau OSB des murs de soutien du toit permet de consolider l’ensemble, mais surtout de conserver l’équerrage.
A la conception, il ne parait pas utile, pourtant, il est nécessaire,  il servira, dans notre cas, de contreventement.

Nous apercevons les chevrons positionnés tous les 50 cm, et le plancher support du sol de culture, fait de voliges de Douglas.

Passons aux choses sérieuses

La protection du toit contre l’humidité de la végétation

D’abord, il faut faire une « caisse, en fonction de la profondeur qu’on s’est donnée pour cultiver.
Les plantes qui me plaisaient, et elles sont plus nombreuses de cette catégorie, demandent 7 cm de substrat

caisse pour toit végétalisé

 

Alors j’ai réalisé la caisse en fonction, J’ai choisi du coup des planches brutes de sciage destinées normalement à faire des planches de coffrage (moins chères), toujours en douglas. Les bords,  leur écorce simplement enlevée, sont du plus bel effet.
Une fois la caisse terminée, en premier lieu, j’ai posé un écran sous toiture qui remonte sur les bords (genre « Delta Vent »).
Un pare racines, pour éviter que celles-ci ne viennent se faufiler sous le pare vapeur vient se loger juste au dessus. J’avais de la feuille aluminium en rouleau (restes d’imprimerie, couvercle de petits fromages). Ce n’est pas le plus facile à faire tenir en place, surtout s’il faut marcher dessus.

Ensuite vient la réserve d’eau

réserves d'eau sur toit végétaliséSur si peu d’épaisseur, l’eau sera difficile à conserver pour les plantes.
J’ai posé une couche de plastique alvéolé, celui qu’on utilise pour protéger les soubassements. On constate qu’il présente de petites alvéoles que nous pouvons détourner pour réaliser les réservoirs d’eau en mettant les creux vers le haut.
Vient dessus un feutre jardin juste avant la terre.

Il faut maintenant penser à la pente
Les terrasses

Afin d’éviter le glissement de la terre et des plantes, il faut maintenant réaliser des poches de culture. J’ai placé sur des sabots (qui règlent la hauteur) des liteaux qui seront fixés sur les bords du cadre. Pour faire moins rigide, je les ai arrangés inégalement et de biais sur la pente.
toit végétalisé ne pas glisser toit végétalisé en terrasses
Afin de maintenir le substrat, un grillage à petites mailles est agrafé
(bien sur, sur les liteaux, pas sur le sol).

L’évacuation d’eau

Il faudra évacuer l’eau excédentaire.
En bas de toiture, je réserve une bande limitée cette fois encore par un liteau sur sabots.
Pour me permettre de diriger l’eau vers une évacuation à droite, j’ai positionné une volige supplémentaire à l’horizontale (la pente est cassée, l’eau sera arrêtée et dirigée vers l’évacuation). Un trou percé permet le passage d’un pied de meuble (récupération) creux dont le tube recevra une chaine comme guide eau vers un arrosoir. la platine du pieds servira d’entonnoir. Afin d’éviter que la chaine ne passe à travers le trou, je lui fait un noeud et pose un petit bout de fer à béton à travers et le tour est joué.

toit végétalisé l'évacuation de l'excédent d'eau évacuation d'eau sur toit végééétalisé
La couche de plastique alvéolé est relevée contre le liteau, une autre bande glissée dessous et relevée sur le bord inférieur pour faire la gouttière. Pour que l’eau puisse passer de la poche haute vers la rampe basse, mais sans s’y précipiter, j’ouvre quelques alvéoles avec le cutter. Il ne reste qu’à remplir la rigole de billes d’argile pour éviter l’eau stagnante  et du coup les larves de moustiques, pour faire joli. J’ai aussi posé des tuiles usagées à cheval sur le liteau pour le dissimuler. en terre cuite, elles restituent une atmosphère humide un certain temps après les averses.

Le substrat

le substrat pour toit végétalisé fabrication maison substrat pour toit végétalisé facile léger retient l'eau
Après avoir déroulé une dernière couche de feutre jardin pour créer les poches de culture, nous sommes prêts à répartir le substrat.

Quelles sont les exigences quant à ce support de culture ?

Il doit être drainant, aéré et durer dans le temps afin d’éviter les interventions difficiles sur ce genre de terrain.
La rétention d’eau que l’on demandera au substrat se détermine en fonction des plantes certes, mais aussi de la pente du toit.

Sur un toit peu pentu, l’eau restera plus longtemps au même endroit tandis que sur un toit plus en pente, l’eau aura tendance à descendre plus vite. Il faut donc dans ce cas la retenir. Il y a déjà les poches, mais l’eau stagnera au bas de celle-ci et le haut sera en état de sécheresse rapidement.
Nous avons plusieurs solutions, plus ou moins onéreuses.
Les mélanges tout prêts sont très bien pour de grandes surfaces ou les surfaces inaccessibles par la suite (ou difficilement puisque la loi exige qu’on puisse y retourner) où l’erreur n’est pas admissible.
Pour de petites surfaces comme la mienne présentement, un peu de bon sens suffira.
J’ai choisi la tourbe blonde pour sa légèreté et son pouvoir absorbant important, mais en petite quantité du fait de la raréfaction de sites d’extraction. On peut alors remplacer par de l’écorce compostée.
Les plantes des toits végétalisés ont peu d’exigences quant à la nourriture. Au contraire, elles préfèrent les sols maigres et peu nutritifs. Il n’est donc pas nécessaire d’apporter beaucoup de terreau. On en mettra une petite quantité, sans plus.
Et il y a les billes d’argile ou l’argile concassé du montmorillonnais.
On aurait pu ajouter de la perlite, ces petites billes qui retiennent l’eau et la restituent au fur et à mesure, mais par mesure d’économie, je n’en ai pas encore mis.
j’ai pour ma part ajouté ce que j’avais sur place, comme le veut la règle en permaculture, c’est à dire dans mon cas, un peu de sable de rivière et des tuiles concassées.
La toiture n’a jamais été arrosée (que par la pluie) et il y a un an et demi qu’elle survit même en période de canicule.

toiture végétalisée

la vie d'une toiture végétalisée

non arrosé supporte la canicule

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