Soigner le diabète de type II sans médicaments

Il ne s’agit pas de miracle, mais d’un régime drastique utilisé à une époque où l’industrie pharmaceutique ne régissait pas tous les protocoles de soin.
A chacun de faire ses choix, mais je refuse catégoriquement l’assertion du médecin du Centre de réeducation cardiaque qui affirme qu’il faudra prendre des médicaments A VIE lorsqu’on est diabétique de type II. Si on le croit, on met effectivement le pied dans l’engrenage, mais c’est aussi plus simple de prendre une pilule que de se soumettre à ce régime assez difficile au départ. Pourtant, on pourra l’assouplir assez rapidement si on a « fait ce qu’il fallait ».

Le diabète soigné par le Dr Bouchardat
comment inverser le diabète de type II
Guérir, sans médicament

Apollinaire Bouchardat est un médecin, pharmacien et hygiéniste français.
né le 23 juillet 1809

De la graisse en quantité pour éviter la faim
Les prescriptions du Dr Bouchardat

Il y avait bien une chose qui obsédait le Dr Bouchardat, c’est que ses patients ne souffrent pas de la faim, « n’éprouvent point ce sentiment de vacuité stomacale qui leur est si pénible ».

Il n’avait pas accès à l’époque, aux médicaments chimiques « coupe-faim » comme l’Isoméride ou le Médiator… mais il avait beaucoup mieux : « les corps gras ».

Pour compenser la suppression des féculents et aliments sucrés, il conseille ainsi aux diabétiques de consommer les graisses les plus variées :
« Beurre, lard, graisses de porc, de veau, de boeuf, de mouton, de cheval, etc., d’oies, de canard », « l’huile de foie de morue » (sa préférée) et « les huiles d’olives, d’oeillet, de noix, de sésame, de faîne, de chenevis exprimés à froid, de navette, de colza. »
Car les bonnes graisses sont précieuses contre la faim. Elles permettent d’obtenir un sentiment de satiété beaucoup plus solide que les glucides (féculents et aliments sucrés).

Et elles ont un intérêt supplémentaire : « les viandes, les poissons, les oeufs, les boudins, etc., deviennent plus savoureux par leur judicieuse intervention. »
C’est tellement vrai que les produits industriels d’aujourd’hui, « allégés en graisse », sont bourrés de sucre pour essayer de leur donner un peu de goût.
Au final, les recommandations du Dr Bouchardat sont à l’opposé de celles qui ont circulé en Occident à partir des années 1970-1980. On a dit aux Américains et Européens de manger « moins gras »… Pour compenser, ils se sont mis à manger davantage de sucre et de féculents… et comme par hasard, c’est à ce moment-là qu’a commencé l’épidémie de diabète et d’obésité !

Sans oublier les végétaux et oléagineux

Le Dr Bouchardat vante enfin l’intérêt des végétaux (les « herbes ») :
« Les herbes devront intervenir à chaque repas en proportion modérée. Etre bien mâchées, pour éviter la distension de l’estomac, elles devront être associées à une forte proportion de corps gras, qui favorisera le glissement des aliments herbacés dans l’intestin et qui complétera l’alimentation. »
On sait aujourd’hui que manger des végétaux avec de la matière grasse permet de mieux absorber leurs vitamines et minéraux.

Les végétaux recommandés sont très nombreux :
« Les épinards, la chicorée, la laitue, les asperges, les artichauts, les haricots verts, les salsifis, les cardons, les concombres, les choux de Bruxelles, les choux fleurs, les choux. (…) Les salades de cresson surtout, de chicorée, de pissenlit, de romaine, d’escarolle, de barbe de capucins, de scosonère, de laitue, de mâche. (…) Les champignons conviennent. »

Quant aux précieux oléagineux, le Dr Bouchardat ne les oublie pas :
« Pour le dessert, avec les fromages, les olives conviennent très bien ; les autres fruits oléagineux, tels que les noix, les amandes, les noisettes, les pistaches, contiennent un peu de sucre et ne sont permises en quantité élevée que lorsque les urines ne sont plus sucrées. »
Au total, ce régime très complet devrait éviter d’avoir faim.

Note: le Dr Bouchardat a deux astuces pour ceux qui en souffriraient quand même : « manger dans la journée des graines de cacao torréfiés ou du chocolat sans sucre ni farine » (du chocolat 100 %) et, encore mieux « mâcher des olives ».

Ce sont aussi les caractéristiques principales d’un régime paléo (sans lait ni céréales), riche en graisse et pauvre en glucide.

Et l’alcool ?

Le vin est un sujet sur lequel  a évolué toute sa vie.

Le Dr Bouchardat n’hésitait pas à prescrire du vin rouge (« de Bordeaux ou de Bourgogne ») dans des quantités paraissant incroyables aujourd’hui ( jusqu’à deux litres par jour ! Cela correspondait à la consommation habituelle de vin en France à une époque où, pour des raisons sanitaires, boire du vin et des boissons fermentées était moins dangereux que de l’eau (l’alcool et les bactéries évitent les contaminations).
Cependant, il a commencé à diminuer la dose, recommandant « un litre dans les vingt-quatre heures » pour les hommes (qu’il conseillait de couper avec de l’eau si nécessaire).
A la fin de sa vie, toutefois, il conseillait à ses patients la plus grande modération dans leur consommation de vin.

On sait depuis peu que le resvératrol, un polyphénol présent dans le raisin et le vin rouge, est puissant antidiabétique !
C’est pourquoi il observait que le vin avait un effet thérapeutique. (notez qu’aujourd’hui, les compléments alimentaires permettent d’avoir les avantages du resvératrol sans les inconvénients de l’alcool).

« Il importe, en commençant le traitement, de rendre le régime assez rigoureux pour obtenir promptement la disparition complète de la glycose des urines. Après quelques semaines du retour des urines à l’état normal, il faut revenir peu à peu à l’usage modéré des aliments glycogéniques. »

La liste est longue de ce qui était interdit au malade

  • Le Lait
    « Il y a longtemps que j’ai établi que les 50 grammes de lactine d’un litre de lait pouvaient donner 50 grammes de glycose dans les urines d’un glycosurique. »
    De plus, on sait aujourd’hui, que le lait contient de l’insuline bovine et dérègle la capacité de l’organisme à contrôler le sucre sanguin.
  • Les aliments sucrés :
    « Je proscris les fruits sucrés, tels que raisins (qui contiennent quelquefois le tiers de leur poids de sucre), les prunes, les abricots, les pommes, les poires, les melons, les figues, et en général tous les fruits sucrés, frais ou desséchés, tels que pruneaux, raisins secs, figues, etc. et à plus forte raison les différentes variétés de confitures, les glaces, sorbets glacés, etc. »
    « Les racines contenant du sucre de canne, telles que les betteraves, les carottes, les oignons, les raves, les navets, etc »
    Mais il autorise avec parcimonie

    « Les fruits rouges, tels que fraises, cerises de toutes variétés, groseilles, framboises, mûres, berberis, etc. semblent au premier abord être plus nuisibles que les fruits sucrés car, comme eux, ils renferment du sucre et en plus des acides, dont il ne faut point abuser. Cependant, l’observation m’a montré qu’ils étaient moins à redouter que les fruits simplement sucrés que j’ai énumérés. »
  • TOUS les féculents :
    « la suppression, ou au moins une diminution considérable dans la quantité d’aliments féculents et sucrés. »« Le pain ordinaire, composé soit de froment, soit de seigle, soit d’orge, etc. ; les pâtisseries, le riz, le maïs et autres céréales, les radis [1], les pommes de terre et les fécules de pomme de terre, d’arrow-root, les pâtes farineuses de toutes sortes, telles que vermicelle, semoule, macaroni, etc. ; les semences des légumineuses, tels que haricots, pois, lentilles, fèves ; les marrons et les châtaignes ; la farine de sarrasin. »

Et la récompense:

« Il importe, en commençant le traitement, de rendre le régime assez rigoureux pour obtenir promptement la disparition complète de la glycose des urines. Après quelques semaines du retour des urines à l’état normal, il faut revenir peu à peu à l’usage modéré des aliments glycogéniques. »

Une fois restaurée la capacité de l’organisme à stabiliser naturellement le sucre sanguin, il est donc possible de réintroduire des aliments glucidiques avec modération, ce qui est une excellente nouvelle pour les malades :
« Par l’alimentation, avec du temps, de la vigilance, je fais perdre à l’organisme de mauvaises habitudes morbides, et dans plusieurs cas, j’ai vu se rétablir ainsi l’harmonie des fonctions. (…) Chez un grand nombre de malades on peut revenir à un usage suffisant des féculents sans que le sucre reparaisse dans les urines. »

Bouger:

Déjà à cette époque on savait que « l’exercice est une condition des plus favorables pour faire disparaître les dernières traces de glycose. »

« Il est un exercice qui possède ce précieux avantage, ce sont les travaux en commun bien réglés et progressifs, avec l’accroissement des forces, dans un gymnase convenablement dirigé, fourni d’appareils variés, où toutes les précautions sont prises pour éviter les contusions, les écorchures, et l’excès de travail. »
des exercices qui en moyenne doivent durer une heure, le corps soit baigné de sueur. »

On sait aujourd’hui que comme les muscles ont besoin de sucre, plus vous vous musclez, plus vous réduisez la quantité de sucre qui circule dans votre sang.
Et pour suer, si vous faites de la course, du vélo ou de la natation, il vaut mieux faire des séries de 5 à 8 sprints répartis sur 20 minutes plutôt qu’une longue séance d’endurance en restant à la même vitesse.

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