Carottes et fines graines sans désherbage

Ce que je déteste dans le maraichage, c’est le désherbage, surtout autour des carottes.

Chacun sait qu’on peut poser de la paille, du mulch…autour des plantations pour éviter désherbage et arrosage un maximum.
mais qu’en est-il des petites graines, trop fines, trop fragiles, pour passer à travers ce paillage ?
J’expérimente cette année une méthode qui devrait m’aider.

Préparation du sol.

Sur un sol « sale »:

6 mois avant les semis,ou tout du moins en été si le sol est envahi de vivaces, il faut préparer le sol en désherbant. Bien évidemment, en sol vivant, pas de désherbage chimique, pas de retournement de sol…comment faire ?

Il s’agit d’occulter la surface à désherber de façon à ce que les graines et les plantes ne voient pas la lumière du jour. en été pour les vivaces, n’importe quand pour les annuelles, le tout étant qu’elles ne voient pas la lumière, qui lèverait la dormance. Les vivaces ont en effet besoin d’un cycle complet pour dépérir.
Chez-moi, pour cet essais, j’ai posé du carton et dessus une grosse couche de foin en juillet dernier. Ainsi je gère les vivaces et les annuelles.

Au printemps (en février pour être plus exacte), j’ai enlevé les matériaux occultant (qui auraient pu être une vieille bâche, genre ensilage, pas trop percée quand même ou en double couche)

Le sol est propre:

Chez-moi, c’est la première année de culture à cet endroit, le sol est compacté, argileux…mais sous la couverture, les vers ont commencé leur travail d’ameublissement, protégés de leurs prédateurs par la couverture et nourris par le carton et le foin en décomposition. On ne dira pas que j’ai de l’humus, mais c’est déjà un bon travail effectué par ma main d’oeuvre gratuite.

Un petit coup de fourche bêche en aller retour (comme avec la grelinette que je ne possède pas encore) et voici le sol près à recevoir la culture.

Le lit de semence

Comme la terre est très argileuse, j’ai choisi une variété de carottes adaptée, c’est à dire les carottes  à coeur rouge.

Il faudrait malgré tout affiner le sol pour les petites graines, afin qu’elles se sentent bien pour germer.
Je prévois donc du terreau. Sa couleur noire permettra de réchauffer le sol en ce début de mois de mars. (Nous avons eu des gelées à moins 8°C la semaine dernière. Aujourd’hui il fait 14 °C et hier il faisait encore plus)

Mais comme je ne dispose pas de beaucoup de terreau, je vais user d’un système que j’essaie pour la première fois mais qui me semble pas mal:

Je vais n’utiliser le terreau que sur le rang.

Pour obtenir un lit de semence profond et fin sans en utiliser de trop je vais le contenir dans des sillons profonds. Autour, je n’aurai qu’à pailler pour éviter les adventices.

Pour tracer le sillon profond (5 cm) je vais utiliser des chevrons. J’aurais pu creuser dans le sol, c’est sur.

Entre ces chevrons (de récupération) et autour d’eux, je vais apporter du broyat à demi composté qui servira à agrader le sol et à occulter la lumière afin d’éviter la levée de dormance des adventices et la pousse des vivaces.

Une fois le travail terminé, j’enlève les chevrons, ce qui me laisse des rangs parfaitement tracés, sans effort.

Il ne reste qu’à remplir de terreau et à semer.

C’est une méthode qui vaut ce qu’elle vaut, mais je verrai si ça fonctionne, car effectivement, j’ai eu beaucoup moins de mal à apporter de la matière autour des chevrons qu’à en extraire avec un outil pour creuser, surtout dans cette terre très collante et très mouillée cette saison.
De plus, j’ai une couche carbonée qui va agrader le sol pendant la saison et dans laquelle je peux planter quelques vivaces, des fleurs, tout au long de la saison de culture.

J’ai fait une planche peu large de façon à pouvoir poser des arceaux et une bâche anti mouche si j’en ai envie, mais les plantes repiquées autour des 2 rangs devraient suffire à les éloigner.

 

 

 

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