Le ver de terre

Le sol est un milieu biologique, un véritable milieu vivant,
c’est à dire hautement complexe dans lequel nous nous efforcerons de comprendre
un certain nombre de mécanismes.

Dans le sol il existe une étroite interdépendance entre les activités biologiques et toutes les propriétés physiques et chimiques.
Cette interdépendance est de plus en plus mise en lumière par les recherches actuelles.

Cette petite bête qui rend de grands services
qui est-elle ?

Il existe trois sortes de vers de terre

    • Ceux qui vivent à la surface ou vers épigés
      Ils se nourrissent directement de matière organique et de végétaux en décomposition ; ce sont entre autres les vers de compost
      Petits et fins, ils mesurent de 5 à 10cm maxi
      Ils vivent à la surface du sol, au niveau de la litière et dans les matières organiques en décomposition. Ce sont des décomposeurs.
      On les retrouve partout où il y a de la matière en décomposition, ce qui a fait penser aux jardiniers qu’ils mangeaient leurs légumes.
      Ils sont utilisés pour traiter les ordures ménagères (lombricompostage ou vermicompostage) que ce soit chez les particuliers, dans les stations d’épuration ou en industriel pour fournir de l’engrais Bio.
    • Les vers qui vivent dans la terre, c’est à dire le sol minéral (les endogés)
      Ils vivent en permanence dans le sol où ils creusent des galeries horizontales, peu profondes.
      Ils se nourrissent de terre mélangée à la matière organique; ils représentent 20 à 50 % de la biomasse des terres fertiles.
      En période de sécheresse ils tombent en léthargie (diapause) et on les trouve enroulés sur eux-mêmes afin d’éviter de se déshydrater.
      (note, dans les buttes de permaculture, il n’est pas rare de voir des endogés actifs l’été car la sécheresse ne règne pas dans ce milieu, c’est une bonne indication du niveau d’humidité de la butte.
      Certains sont filiformes et s’installent le long des racines, d’autres forment des pelotes dans les couches profondes du sol, à proximité des drains, et filtrent l’eau dont ils séparent les particules organiques.
    • Les vers (les anéciques) qui font des galeries verticales
      Ils cherchent leur nourriture à la surface du sol puis la distribuent en profondeur grâce aux galeries verticales qu’ils creusent. Eux sont moins exposés du fait de ce mode de vie, aux prédateurs. Ils ne sont pas colorés puis qu’eux n’ont pas besoin de se confondre avec les feuilles mortes du sol afin d’éviter les prédateurs.
      Cette particularité nous intéresse, nous qui voulons garder (ou recréer) un sol vivant.
      Ils vivent dans des galeries verticales et viennent « faire leurs provisions » à la surface du sol tout en restant prudemment accrochés par la queue à l’entrée de leur terrier. Les feuilles et les débris organiques qu’ils peuvent entraîner dans leurs galeries sont ingurgités avec de la terre. Les excréments sont déposés à la surface du sol sous forme de tortillons appelés aussi turricules. Le plus grand vers anécique de la faune française dépasse 1 mètre de long.
      C’est le Lombricus Montpellierus

Quel est ton ver de terre ?

A quoi ressemblent les différents vers de terre ? comment les reconnaitre les uns des autres ?
Tu as trouvé un ver de terre ?
Retrouve ici quel est ton ver de terre, celui que tu vois dans ton jardin, ou ceux que tu as trouvés dans ton potager…

Les anéciques: des laboureurs ?

Anéciques veut dire « qui monte » (voir Marcel bouché). Ils vivent dans des galeries verticales.
Ce sont les laboureurs
qui travaillent à notre place pour peu qu’on les laisse tranquilles  (pas de labour, pas de bêchage….pas de travail du sol) et qu’on leur fournisse la nourriture dont ils ont besoin, qu’ils restitueront sous forme d’éléments assimilables par les plantes, en travaillant en association avec les champignons et les bactéries du sol.

Comment est-ce que ça se passe ?

Vivant dans des galeries verticales, ils mêlent la litière aux minéraux.  La matière minérale mélangée à la matière organique ce qui est important pour la fertilité de nos sols. C’est le mélange organo-minéral, ce qui permet de faire des grumeaux qui donne la structure de nos sols. Ils représentent 80% de tous les vers de terre (qui eux-même représentent 70% de la masse animale sur terre).

 

Les vers montent et descendent en emportant des minéraux du sol et des matières organiques de surface. On peut voir dans leurs turricules différents horizons de sol.
Les galeries de vers de terre peuvent atteindre plusieurs mètres de profondeur. La surface développée des galeries (5 km à l’hectare) est de 5 fois la surface au sol (5m² pour 1 m² de surface), ce qui signifie qu’ils participent bien à l’aération du sol.
Les racines apprécient les galeries des vers de terre. Elles profitent de ces passages pour transiter dans le sol. La galerie devient un manchon tapissé de racines.

Les racines se nourrissent en réalité sur le ver de terre.

La microflore qui vit autour de ces galeries:

un manchon de racines dans une galerie d'anécique

On trouve autour des galeries des fixateurs d’azote (dont azotobacters) des dé-nitrifiants, les fixateurs anaérobie (en zone aérobie oui ! car il y a beaucoup d’activité et parfois il n’y a pas suffisamment d’oxygénation), les cellulolithiques etc… En conclusion, il y a une forte concentration de vie autour de ces galeries. L’activité microbienne est immense autour de ces galeries.

Le rôle des galeries en cas de pluie:

infiltration et filtration de l'eau à travers les galeries des anéciques

crédit photo « maraichage sol vivant »

Lors d’une pluie, il y a soit percolation (dans les galeries) soit imbibition (infiltration passive) soit ruissellement (ne passe pas par les galeries..
Les précipitations passent à travers les galeries, l’eau est filtrée.

 

 

 

 

 

 

Les anéciques font du lombrimixage
les bactéries fabriquent la colle

Le mélange organominéral participe à la stabilité des sols.
Avec les champignons et les bactéries, les vers de terre , ensemble, « fabriquent le sol fertile.
Les vers font le mixage, les microorganismes qui ont commencé leur travail dans le tube digestif des vers de terre ajoutent la colle (les polysaccharides bactériens) et stabilisent en les durcissant les grumeaux sur lesquels les racines viennent ensuite se nourrir. (source Marcel Bouché)

Ver de terre et détoxication

Le ver de terre assimile le lindane (par exemple) il absorbe ce lindane et le décompose (grâce à des enzymes). Le sol est détoxifié.

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