microbiologie des sols (simplifié)

La connaissance de la microbiologie des sols est intéressante pour la compréhension des méthodes de permaculture.

Que trouve t-on dans une tranche de sol ?

On trouve dans les sols, une grande variété d’organismes vivants, des gros et des petits, visibles ou invisibles à l’œil nu: des bactéries, des champignons, des algues, des nématodes, les parties souterraines des plantes et des herbes, ainsi qu’une faune très variée allant des protozoaires aux mammifères. L’ensemble de ces organismes font partie intégrante du système sol et participe par leur activité à la formation et à l’évolution des sols.

Les sols à texture fine (argileuse ou limoneuse) et à pH alcalins (pH>7) avec des teneurs importantes en carbone organique sont plus favorables à la vie microbienne que les sols sableux acides.

Toutes les plantes qui poussent dans les sols développent une relation du type symbiotique avec les organismes qui peuplent la zone racinaire.
Les milliards de bactéries (1 à 2 milliards dans l’équivalent d’un dé à coudre), les champignons, (plusieurs centaines de milliers), algues, cyanobactéries, protozoaires par milliers et autres organismes qui croissent dans la rhizosphère (région du sol directement formée et influencée par les racines) sont beaucoup plus nombreux que ceux vivant dans la majeure partie restante du sol.

Et on comprend pourquoi:

Les exsudats racinaires correspondent à la sécrétion, par la racine, de composés organiques qui diffusent dans le sol. Les plantes nourrissent les organismes avec des cellules épidermiques mortes exfoliées sous forme de composés exsudés par les racines elles-mêmes. La plante peut transférer jusqu’à 25 % de son énergie stockée dans les feuilles (95 % de sucres, polysaccharides ou hydrates de carbone), des acides aminés et autres composés comme des acides organiques, des enzymes, des phénols, des stérols ou encore des vitamines, vers la zone racinaire pour nourrir ces micro-organismes et cela à des fins très utiles. Cette activité joue aussi un rôle dans la dissolution de près de 30 % du calcaire du substrat.

La plante nourrit les bactéries, champignons, algues et autres espèces microbiennes dans la rhizosphère, qui à leur tour en échange, sécrètent des enzymes, des acides organiques, des antibiotiques, des régulateurs de croissance, des hormones et d’autres substances qui sont absorbés par les racines et transportés vers les feuilles.

C’est un échange « donnant-donnant »
Les micro-organismes de la rhizosphère participant à
– la solubilisation d’éléments nutritifs facilitant leur absorption par la plante ;
– la synthèse de substances de croissance (hormones) ;
– le bio-contrôle (protection contre les pathogènes ou, à l’inverse, attaque des racines) ;
– la fixation d’azote atmosphérique par des bactéries spécifiques chez les légumineuses (mode de fixation symbiotique) ou la fixation libre par d’autres bactéries, comme le genre Azotobacter.

Conclusion: Favoriser l’augmentation du nombre de radicelles, c’est donner au sol la possibilité de nourrir davantage de micro-organismes et de nourrir mieux les plantes et ainsi de suite.
Favoriser le nombre de micro-organismes est bénéfique aux plantes.

Comment augmenter le nombre de radicelles?

en ayant un sol meuble et humide (sans être détrempé).
Les champignons transportent des quantités importantes d’eau et de substances, participent à la dégradation des résidus de récolte et à sa transformation en humus.

Comment augmenter le nombre de bactéries du sol ?

Laisser le sol nu le moins longtemps possible et maintenir son aération par la pratique des engrais verts et de façons culturales respectueuses (les labours profonds enfouissent les bactéries aérobies trop en profondeur, tandis que les anaérobies survivront difficilement au-dessus).

Les autres habitants du sol:

Quant à la faune du sol, son rôle fondamental réside dans la transformation de la matière organique et dans son action mécanique sur les sols : formation de galeries, porosité, structuration des agrégats.
La participation des invertébrés du sol est multiple : incorporation des résidus au sol…
Les vers de terre augmentent la présence de certains groupes microbiens du sol et semblent dans certains cas favoriser des bactéries qui produisent des hormones végétales qui à leur tour améliorent la croissance des plantes.

Ces interactions biologiques procurent au sol une propriété d’auto-structuration

Les champignons dans le sol

Beaucoup mieux que les racines, les champignons symbiotiques (surtout les ecto-mycorhizes) ainsi que les bactéries de la rhizosphère, disposent de toute une gamme de mécanismes qui leur permettent de solubiliser et de rendre absorbables ces ressources d’accès difficile: Altération des minéraux, extraction de l’azote et du phosphore contenu dans les matières organiques, solubilisation et transport du fer.

Grâce à son partenaire fongique, la plante reçoit des micronutriments tels que le soufre, le cuivre et le zinc, le potassium, le phosphore et l’azote.

 Solubilisation du fer

Le fer est un élément essentiel dans la respiration et la photosynthèse, mais reste dans des formes insolubles dans le sol.
Certains champignons associés à des bactéries spécialisées de la rhizosphère solubilisent le fer et le rendent disponible pour les racines.

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