Quelques principes de permaculture

Imiter la nature

Imiter la nature ne veut pas forcement dire la laisser faire. Le permaculteur la copie mais essaie d’accélérer le processus en apportant lui-même les ingrédients du futur sol, des futures plantation.

Dans la nature, dans une forêt par exemple, voit-on des sols nus ? NON
il faut donc toujours couvrir le sol, soit avec des plantes, soit avec du mulch, et idéalement avec les deux.

Couvrir le sol, pourquoi ?

Parce que si le sol n’est pas couvert, la nature va reprendre ses droits et couvrir elle-même le sol avec des plantes pionnières, des adventices  qu’on appelle souvent « mauvaises herbes ».
Et en général, ce n’est pas ce qu’on souhaite. (on peut profiter de ces plantes qui sont souvent de bons consommables, mais ça, c’est une autre histoire, un autre article). Et du coup, on doit fournir un travail pour les enlever. On peut alors s’en servir en paillage vert (mais avec plus de dépense d’énergie)

Aller chercher ses ressources au plus près

Paille, déchets ménagers, tontes…tout matériel organique non nocif pour l’environnement évidemment.

C’est le mulch.

Attention, on peut utiliser du bois broyé, mais ce n’est pas du BRF qui lui est uniquement du bois raméal fragmenté, c’est à dire du bois de l’année. Ce BRF est très précieux pour restaurer le sol (à ne pas employer à plus de 4 cm tous les 4 ans).

Sur la photo, du bois broyé mis à la disposition par la mairie pour les habitants du village, une initiative appréciée.
Qui plus est, les feuilles de platane sont tombées et enrichissent ce mulch.
A 800 m du jardin, c’est une manne à ne pas manquer.

Intérêt du mulch

L’humidité du sol va être conservée sous cette couche de mulch, puisqu’on va limiter l’évaporation.
Moins de levée de plantes pionnières, voire plus du tout puisque la lumière n’arrive plus jusqu’au sol.Fabrication d’humus car avec l’humidité du sol vont apparaitre les champignons et la faune épigée qui vont décomposer le mulch
Du coup avec l’arrivée des vers de terre et des vers de terreau, on va éviter la compaction. Voilà pourquoi il ne sera plus nécessaire de bêcher pour aérer le sol.
Sans compaction, le sol perméable retiendra l’eau et cela évitera l’érosion par la pluie.
le sol couvert évitera l’érosion par le vent.

Avec la permaculture, avec le mulch, les petites bêtes vont s’inviter, et oui !

La permaculture prend le parti de partager

aussi avec ces « invitées » forcées, mais chaque espèce peut avoir ses raisons d’être présente.
La vie est un équilibre. Les limaces par exemple participent à la digestion des détritus,, à l’éradication de certains virus, en complémentarité avec le ver de terre.

Le NON-LABOUR

Il s’agit de supprimer le passage de la charrue.
La vie microbienne des sols, voilà le secret d’un sol fertile. Un gramme de sol contient un million d’espèces de bactéries, 100 000 espèces de champignons, 1000 espèces d’invertébrés (acariens, collemboles, nématodes, etc.) parmi lesquels les rois de ce milieu, les vers de terre, principaux acteurs de la fertilité des sols. Un sol sain compte une douzaine d’individus par m3. Ce microcosme aère le sol, décompose les résidus des végétaux et les transforme en matière organique de nouveau assimilable par les plantes.
C’est ce recyclage qui est perturbé par le labour.
Car la charrue détruit le fragile réseau des mycéliums de champignons microscopiques qui aident les plantes à mieux capter la matière organique.
Certes, le labour permettait d’apporter une aération certaine dans le sol, qui favorisait la vie bactérienne.
Ce qu’il faut éviter on le comprend, est le compactage des terres (ou tassement, ce qui désigne l’augmentation de masse volumique dans un matériau humide mais non saturé, due essentiellement à une réduction du volume d’air). Or ce microcosme épargné par le non-labour va contribuer au décompactage du sol.

Et pour favoriser cette faune, on place du mulch pour maintenir l’humidité et apporter de la nourriture à la faune du sol.

Les deux sujets précédents nous amènent tout naturellement à parler des engrais verts.

Les engrais verts pourquoi comment ?

Nous venons de le voir, il faut maintenir le sol décompacté, aéré.
On ne s’intéresse jamais trop à ce qui se passe sous terre. Les racines de l’engrais vert vont explorer le volume du sol, et donc le travailler, l’aérer, le fissurer.

Et les engrais verts (article dédié) vont protéger le sol de l’érosion, tant en le protégeant de l’impact des gouttes de pluie qu’en évitant l »érosion éolienne (par le vent).

L’engrais vert va également limiter le développement des adventices en leur faisant concurrence.

L’engrais vert, va capter les minéraux du sol et les conserver. En effet, lorsque les précipitations seront abondantes à l’automne,la matière organique va se minéraliser. Si ces minéraux ne sont pas captés, ils vont s’enfoncer dans le sol avec l’eau et ne seront plus disponibles pour la culture suivante. SAUF si une culture intermédiaire s’en sert à son tour pour pousser. Lorsqu’au printemps on détruit cette culture et qu’on la laisse sur place, elle libère les précieux minéraux et les remet à disposition de la nouvelle culture. Le sol n’est pas appauvri, il reste fertile.

En se décomposant, cet engrais vert, va devenir nourriture pour les vers et la faune épigée.
En vert il va servir de nourriture pour d’autres habitants du sol (limaces, escargots etc…)
Sans compter que les racines sécrètent des sucres qui vont alimenter les bactéries.

Il faut varier les espèces d’engrais vert de façon à optimiser ses bienfaits (favoriser davantage la biodiversité).
Les feuilles protègent des rigueurs de l’hiver les petites bêtes dont nous aurons besoin au printemps pour lutter contre les indésirables.

Note: on a intérêt à laisser pâturer les poules ou les canards dans cet engrais vert, car, d’une part ils apporteront leur propre engrais, mais surtout ils élimineront…les limaces, qui elles aussi apprécient de ne pas être au froid l’hiver.
Toute fois, l’engrais vert, même coupé, peut leur servir de nourriture et les désintéresser un moment des jeunes semis ou plantules que vous venez de planter amoureusement…à chacun de voir midi à sa porte.

Le BRF ou bois raméal fragmenté

à ne pas confondre avec le broyat de branchage qui lui est constitué de bois, ligneux.
Le bois raméal est bien le bois de l’année, celui des rameaux.

Le BRF est le roi de la fabrication d’humus

 

 

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