commencer

Vous avez décidé de faire votre potager ou votre plate bande de fleurs, mais vous ne savez pas par où commencer

Vous avez peut-être lu (à propos) comment j’ai trouvé la motivation pour faire un potager et comment j’ai découvert la nécessité de le faire autrement que ce que j’avais fait depuis l’enfance…
Maintenant c’est à votre tour de vous poser la question:
Voulez-vous réussir facilement un potager en sol vivant pour une alimentation saine et nutritive ?
parce que oui, c’est ça l’enjeu.

Aller, on se jette à l’eau !

Nous parlerons ici bien sur,  du potager en sol vivant, voire en permaculture.
Suite à une visite chez un ami qui m’a posé la question, alors qu’il avait parcouru des sites sur la permaculture, je me suis rendu compte que si pour ceux qui la pratiquent c’est évident, pour les novices en la matière, ça reste quelque chose d’abstrait.
La théorie c’est une chose, mais arrivé dans son jardin, QU’EST CE QU’ON FAIT ?

Les principes de bases du potager dit « en sol vivant »:

Comme en permaculture:

  • Aucun engrais chimique ni pesticide n’est utilisé.
  • Pas de labour (pour éviter la mise sans dessus dessous des différents univers du sol (aérobie et anaérobies))
  • Le sol toujours couvert (la nature a horreur du vide).
  • Pas de monoculture (les associations de plantes sont bénéfiques car elles se protègent mutuellement, d’une manière ou d’une autre)

Comment ça pousse alors ?

Il faut de l’eau, source de vie.
Comment la garder ? C’est l’humus du sol qui régule le régime hydrique d’un terroir. Un gramme d’humus est capable de stocker jusqu’à 50 g d’eau dans le sol et la mettre progressivement à la disposition des plantes et des réserves d’eau souterraines.
L’eau, la lumière (solaire) et les habitants du sol, à condition de savoir les faire vivre et se développer harmonieusement, sont suffisants pour faire pousser de bons légumes, à la manière de la Nature.
Pour cela, il faut comprendre comment elle fonctionne et l’imiter au plus près.
(voir article: « comment ça pousse« )

Que faire en premier ?

Tout d’abord, faisons l’état des lieux

  • Observons notre sol
    Vous trouverez plus loin les explications détaillées pour vous faire une idée plus précise sur votre sol, votre capital de départ
    mais un simple regard pour commencer peut vous donner une idée:

A t-il été cultivé récemment ?
avec quelles techniques ? labour profond, maraichage, jardinier « à l’ancienne »? etc…

Y a t-il de l’herbe ? des ‘mauvaises herbes » (attention, maintenant vous parlerez d’adventices n’est-ce pas ?)

  • Il faut préparer du sol.
    Quelles que soient vos réponses, à moins d’avoir un sol parfait préparé dans les règles de l’art par un jardinier respectueux de la vie du sol, vous aurez quelques petits ajustement à faire pour gagner du temps.
    Une fois définie la zone sur laquelle vous voulez implanter votre potager (ou autre culture), il faut s’assurer de la présence en surface de matière carbonée. Et oui !, carbonée vous avez bien lu.
    Si la terre est nue ou enherbée, on épand de la matière carbonée (carton, paille, foin, voire fumier très pailleux. Ces élément de départ vont nourrir le système.Si le sol est nu ou qu’il a été malmené précédemment, il se peut qu’il manque des éléments essentiels qui sont le microbiote du sol. Où le trouver ? En apportant du fumier, de l’urine ou des EM (micro organismes efficients qu’on peut acheter ou en récupérer dans le sol d’une forêt proche), en général, vous amorcez la machine.
    L’urine aussi peut apporter les bactéries…nous en parlerons plus tard.
    Car pour garder l’eau, abriter et nourrir la microfaune du sol, il faut de l‘humus.
    Pour la formation de l’humus, il faut la présence simultanée de biomasse animale riche en azote (fumier, lisier, déjections humaines) et de biomasse végétale riche en carbone (cellulose, lignine et produits dérivés, comme papiers cartons, caisses d’emballage, palettes de transport, etc.). Ces deux types de biomasse doivent être mis ensemble pour la formation de l’humus. (voir comment ça pousse)
  • Puis, on peut planter les plants démarrés en pépinière (godets, mottes, racines nues…)
    en écartant le paillis et en enfonçant les racines dans la terre.
    On ne plante pas dans le paillis.
    Si on en a, on peut mettre un peu de terreau pour la plantation.
    Ensuite on remet le paillis autour du petit pied, sans l’écraser.
  • On peut également semer les grosses graines sous paillis (pois, haricots, sarrasin…)
    – soit en les jetant dessus et en secouant le paillage, comme le ferait une poule, pour faire tomber la graine jusqu’à la terre.
    – soit en écartant le paillage un petit peu pour semer (en poquet par exemple). Même en ligne, ça fonctionne.

Le paillage sert à occulter le sol, c’est à dire empêcher la lumière de parvenir sur le sol, afin d’empêcher les adventices de germer, et les vivaces de pousser car en ne voyant pas la lumière elles s’épuisent (voir « comment ça pousse »)
Ensuite ce paillage gardera l’humidité du sol. Petit à petit, en se décomposant, il se transformera en humus et agradera le sol (contraire de dégradera).
De paillage en paillage, le sol fertile s’épaissira.

On plantera plusieurs variétés de plantes, (voir « plantes compagnes » et « l’utilité du compagnonnage ») et même dans le potager, les fleurs ont leur place car elles attirent à elles les ravageurs, mais aussi leurs prédateurs. elles attirent les pollinisateurs, repoussent d’autres ravageurs, bref, elles sont très utiles, et elles sont jolies, ce qui est bon pour le moral, ce qui n’est pas négligeable.
Le jardinier est heureux, sont jardin aussi.

La faim d’azote, provoquée par la décomposition de la matière carbonée par les bactéries consommatrices d’azote, peut se produire à ce stade. Sauf si le terrain était cultivé et gorgé de nitrates, il se peut que ça se produise. (voir l’article dédié à la faim d’azote).
Pour palier à ce problème, nous allons ajouter, mélanger, de la tonte de pelouse, ou de la coupe de matériaux verts (sans graines) issus de la fauche d’autres espaces. Sur un terrain enherbé avant l’opération de mulch, c’est inutile.
Un paillage de 30 cm sans intervention ni culture met environ un an et demi à se décomposer…avez-vous le temps ? il faut s’y prendre en avance.

Avant de commencer à planter, il faut se poser quelques questions:

Qu’est-ce que je veux ?
Quel résultat est-ce que j’attends de mon jardin ?

Votre projet doit être défini:
Il peut s’agir d’un simple potager derrière chez-vous ou bien, vous espérez l’autosuffisance,
mais cela peut aller jusqu’à la création d’une ferme, d’un village…

Ainsi, il devient plus facile de faire la liste des éléments à prévoir
puis, il est temps de faire

le design

C’est quoi ça le design ?
C’est le plan de ce que vous voulez faire, si possible bien réfléchi de façon à utiliser l’eau au mieux, éviter de mettre en plein soleil les plantes qui préfèrent l’ombre…enfin, vous voyez !
Vous allez devoir tenir compte de plusieurs éléments:

  • votre région (latitude, climat)
  • vos ressources en place, en eau, en matériaux,  en moyens (physiques et financiers)
  • la topographie du lieu (pan de montagne, plaine,sol plat ou tourmenté…)
  • le temps que vous souhaitez allouer à la mise en place et à l’entretien de votre projet

Il est toujours possible de modifier au gré de ses nouvelles envies par la suite, mais il est toutefois préférable de ne pas se tromper de trop dès le début afin d’éviter un surcroit de travail pour rétablir les choses ensuite, car un design bien optimisé, c’est l’assurance de plus de récoltes avec moins de travail.
Planter un grand arbre là où il ne pourra s’épanouir est une perte de temps par exemple.

Alors voilà, vous avez déjà appris pas mal de choses à faire ou à éviter, vous êtes prêt et vous avez fait votre plan.
On fait quoi maintenant ?

Il faudrait faire la liste de ce que vous consommez et que vous désirez cultiver.

Il est inutile, surtout lorsqu’on débute en permaculture, de vouloir faire pousser tout le catalogue de plantes et de graines.
Choisir ce que vous mangez le plus souvent, ce qui coûte le plus cher à acheter est un bon début et permet d’éviter bien des travaux inutiles dès le départ.

Préparer le terrain

De quel terrain disposez-vous ?
La vie du sol

Pour savoir ce qu’il faudra faire pour maintenir, améliorer, ou carrément recréer la vie du sol, il faut commencer par savoir de quoi il est composé.
Quelques manipulations simples vont vous aider à prendre les bonnes décisions.
En prenant à la bêche une motte de terre, il peut y avoir plusieurs cas de figure:

  • la motte se tient entière, compacte.
    aucun ver de terre n’est apparent, ni de galeries
    il n’y a pas de racines
    Lorsqu’on jette la motte à terre  (de 1 m de haut), elle reste entière.
    Dans la main, la terre fait une boule, genre terre à modeler.
    -> vous avez une terre « morte » qu’il faudra beaucoup agrader.
    En mettant du terreau tout de suite et en l’incorporant en surface par exemple (histoire de créer un décompactage qui relancera la vie du sol)
  • la motte présente plusieurs horizons, l’un foncé, l’autre plus clair
    il n’y a pas de vers ou peu,
    pas de racines
    Lorsqu’on jette la motte elle se casse mais ne s’émiette pas
    -> vous devrez agrader mais il existe vraisemblablement une ébauche de vie du sol,
    les horizons ne sont pas mélangés, mais existent.
    On pourrait mixer légèrement la matière organique du dessus avec le sol inférieur (sur 5 à 10 cm, pour rester en aérobiose) et recouvrir de foin (plus riche en azote que la paille) ou de mélange feuilles + tonte qui apporterait à la fois azote et carbone.
    On mettrait dessus pour au moins un an un couvert (soit laisser pousser les annuelles sauvages, soit semer sous la paille des légumineuses par exemple pou un mélange graminées légumineuses.
    L’année suivante, on détruit le couvert (si le gel ne l’a pas fait) et on peut faire des essais de culture.
    Chez-moi, j’ai semé au printemps de la phacélie qui a été détruite par le gel (ne pas laisser venir en graines)
    (si le gel ,e l’avait pas détruite, je l’aurais couchée, roulée puis j’aurais posé dessus du foin et semé sous ce foin.
  • La motte présente une belle couleur foncée, on y retrouve beaucoup de vers de terre et on voit des galeries (anéciques)
    la terre est prête à être cultivée. Un apport de petite paille (paille hachée en faible épaisseur) ou un paillis de BRF sont suffisants pour entretenir la vie du sol.

On peut commencer à tout moment un jardin sur sol vivant
L’hiver
est toutefois un bon moment pour préparer les premières étapes, car, puisque vous avez élaboré votre plan, vous savez où mettre en place les éléments plus facilement et préparer le sol.


Ici, les cartons ont pour but premier d’étouffer les herbes non désirées.
Les annuelles germent lorsqu’elles voient la lumière.
Pour les vivaces, il faut « obscurcir » d’une manière ou d’une autre, en été. Elles se fatigueront et disparaitront.

J’aurais pu utiliser une bâche (bâche d’ensilage) ou une bâche tissée (pour culture maraichère)

à suivre ici >>

Pas de panique, il y a toujours des solutions pour faire ce qu’on peut tout de suite et améliorer à l’automne prochain.
Le tout étant de comprendre les principes de base. Sans vie du sol, rien ne pousse. En faim d’azote, rien ne pousse (sauf exceptions) etc…Vous risqueriez de perdre du temps inutilement.

Les avantages du sol vivant:

Il retient l’eau, avec tous les avantages que ça peut avoir.
Il est nourrissant pour les plantes par divers moyens qui s’installent dans le sol (mychorizes, bactéries…petite faune (anésiques)  entre autre.

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